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đŸ—łïž Elections et abstention annoncĂ©e : personne ne peut se rĂ©jouir d’un tel dĂ©sintĂ©rĂȘt pour la chose publique.

Les Ă©lections dĂ©partementales et rĂ©gionales auront lieu ce dimanche. Le taux d’abstention sera massif, cela ne fait aucun doute. 

Personne ne peut se rĂ©jouir d’un tel dĂ©sintĂ©rĂȘt pour la chose publique, tant il est le signe du dĂ©pĂ©rissement avancĂ© de notre dĂ©mocratie territoriale. Le dĂ©partement et la rĂ©gion sont pourtant des territoires dont les reprĂ©sentants pourraient jouer un rĂŽle bien plus important pour la dĂ©fense de l’intĂ©rĂȘt collectif de leurs Ă©lecteurs : proximitĂ©, Ă©changes rĂ©guliers avec la population, participation citoyenne rĂ©elle, partage de dĂ©cision sur les sujets qui les concernent
 Les moyens ne manquent pas, mais le lien entre vos reprĂ©sentants au dĂ©partement et Ă  la rĂ©gion sont si distendus que peu de Montrougiens les connaissent et s’intĂ©ressent Ă  l’action de ces collectivitĂ©s locales. 

Cette apathie politique peut s’expliquer de plusieurs maniĂšres : dans les zones urbaines, comme Montrouge, on vote pour un canton composĂ© des deux communes Montrouge-Malakoff, et pour un binĂŽme, -une femme et un homme- gĂ©nĂ©ralement issus de ces deux cantons. Le dĂ©coupage Ă©lectoral de cette entitĂ© ne correspond Ă  rien, ou pas grand chose : pas de projet commun entre les villes, pas de complĂ©mentaritĂ© engagĂ©e entre les services publics des deux villes, pas de vision partagĂ©e quand il eut Ă©tĂ© utile d’en dĂ©velopper une.  

Le choix d'un scrutin binomial paritaire pour les conseils dĂ©partementaux Ă©tait une bonne rĂ©forme, issue de la loi de 2013, mais aujourd’hui, personne ne comprend ce qu’est ce binĂŽme, quel est son sens et sa valeur ajoutĂ©e. Enfin, les compĂ©tences du dĂ©partement se superposent Ă  celle de l’intercommunalitĂ© (VSGP), de la MĂ©tropole du Grand Paris et de la rĂ©gion, contribuant Ă  alourdir un millefeuille dĂ©jĂ  indigeste, or sur ce point, aucun candidat ne s’exprime dans notre dĂ©partement. 

Et pourtant, les candidats sont nombreux : ils reviennent, quelques semaines avant le vote, tous issus des partis politiques traditionnels, la plupart Ă©taient dĂ©jĂ  candidats aux Ă©lections municipales et dĂ©jĂ  Ă©lus et cumulards. 

Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une Ă©lection de parti politique, une Ă©lection d’appareil, qui n’est destinĂ©e qu’à conforter des petits fonds de commerce pour financer la vie politique locale. L’exemple de Montrouge est typique : trois des candidats aux dĂ©partementales Ă©taient aussi candidats Ă  la municipale, les alliances d’il y a quelques mois ont volĂ© en Ă©clats, au mĂ©pris de la cohĂ©rence, mais au profit d’accords d’arriĂšre-cuisine peu engageants  : les verts, alliĂ©s hier de LFI sont avec le PS. LFI est Ă  prĂ©sent alliĂ© du PC. 

A Montrouge, les changements d’alliance illustrent  l’absence de projets politiques et de convictions alors que ce sont des fondements essentiels du retour aux urnes. Enfin LREM qui Ă©tait avec l’UDI et LR s’y oppose aujourd’hui tout en soutenant le maire de Montrouge au conseil municipal sur des projets aussi discutables que celui de mise en place d’une « milice » ou l’augmentation des impĂŽts locaux

Et Etienne Lengereau, maire Ă  mi-temps, qui a dĂ©jĂ  du mal Ă  s’occuper de Montrouge, entend aussi ĂȘtre conseiller dĂ©partemental des Hauts-de-Seine, en dĂ©pit d’un bilan dĂ©jĂ  calamiteux dans notre ville. Les partis politiques, qu’ils soient anciens ou rĂ©cents comme LREM, ont prĂ©fĂ©rĂ© les alliances opportunistes pour essayer de gagner un siĂšge, ici ou lĂ , quitte Ă  ĂȘtre Ă©lu par 10% des inscrits, donnant ainsi une image dĂ©sastreuse de la politique.

Chacun cherche Ă  se compter, pour « peser », et se partager les quelques miettes des suffrages qui s’exprimeront dans les urnes dimanche. L’électeur qui se demande comment son vote peut inflĂ©chir et amĂ©liorer la vie quotidienne dans son dĂ©partement et lui donner une perspective dĂ©mocratique, Ă©cologique et sociale de qualitĂ© aura du mal Ă  trouver la solution dans le systĂšme institutionnel actuel. NĂ©anmoins, il ne faut pas se rĂ©signer, notre dĂ©mocratie peut encore beaucoup, elle doit revoir ses pratiques et son organisation, elle dispose d’une capacitĂ© de rĂ©silience et de la possibilitĂ©, si nous le voulons tous, de se rĂ©inventer. 

Nous Ɠuvrons, avec tous ceux qui nous ont dĂ©jĂ  fait confiance Ă  Montrouge, Ă  une grande rĂ©flexion sur les moyens de rĂ©inventer notre fonctionnement dĂ©mocratique, en rĂ©habilitant une autre maniĂšre de faire de la politique, plus directe, plus libre, plus prĂšs du terrain, avec notre mouvement lavenirnattendpas.fr

Dimanche prochain, il faut malgrĂ© tout choisir et aller voter, car notre principal ennemi, au-delĂ  des extrĂȘmes, c’est l’abstention !


Juliette MĂ©adel