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đŸ“« [Courrier des lecteurs] Place des Etats-Unis : le rĂ©cit d’un conte inachevĂ©

Depuis que nous avons lancé notre candidature et que nous avons ouvert notre site à la participation de tous les citoyens de Montrouge pour la construction du projet municipal, nous avons reçu de nombreuses lettres, témoignages et contributions.
Parmi leurs auteurs, certains souhaitent ĂȘtre publiĂ©s et nous avons choisi de vous faire partager leur tĂ©moignage ou leur coup de gueule.
Aujourd'hui, Louis Cornet, l'un des habitants, nous raconte ce qu'il a vécu, depuis que la municipalité a lancé les Allées Jean-JaurÚs au mépris des attentes des Montrougiens


Lettre ouverte aux Montrougiens, ou le récit d'un conte inachevé.

Par des habitants du quartier de la place des Etats-Unis

Il Ă©tait une fois un petit royaume d’une population d’environ cinquante mille sujets. La vie y Ă©tait agrĂ©able et tranquille, le royaume prospĂ©rait, s’embellissait, se modernisait, le bon roi Ă©tait aimĂ©.

Soudain le roi abdiqua ! La loi hĂ©rĂ©ditaire ne s’appliquant pas dans ce petit royaume, un nouveau roi fut Ă©lu, cette fois non pas par le peuple mais par les conseillers du roi. Nul ne se rappelle si ce jour lĂ , le ciel s’obscurcit et le tonnerre gronda comme cela se passa il y a bien longtemps lorsque la fĂ©e MalĂ©fique s’invita au baptĂȘme de la jolie princesse, mais les malheurs ne tardĂšrent pas Ă  fondre, surtout sur un village au centre du  royaume. Rapidement le nouveau roi eut une vision, il allait redorer son palais et crĂ©er « Sa Perspective Â», tel le Grand roi du siĂšcle des LumiĂšres. Oui mais, comment faire ? Il lui allait falloir de l’argent, faire disparaĂźtre les carrosses, les fleurs et les arbres qu’il haĂŻssait tant. Les solutions furent rapidement trouvĂ©es. Pour « Son ƒuvre Â», il lui fallait quĂ©rir son Le NĂŽtre, il chercha, le trouva, le paya fort cher. Pour l’argent, le bon roi qui  avait laissĂ© son trĂŽne avait laissĂ© le coffre plein, ça tombait bien ! Il le vida. Cependant il en fallait beaucoup, alors il usa  de son bon vouloir et augmenta, augmenta, augmenta  les taxes sur les carrosses du royaume. Nul ne sut pourquoi il fallait aller vite, sans doute comme pour les divas ou les princes ou les  rois, un caprice, c’est un caprice, et en gĂ©nĂ©ral il doit ĂȘtre satisfait immĂ©diatement. Alors tout s’enchaĂźna, L’Ɠuvre ou la Vision fut briĂšvement prĂ©sentĂ©e aux sujets, les protestations, les remarques furent balayĂ©es telles des feuilles mortes par un fort coup de vent, et les manants furent renvoyĂ©s dans leur logis ou leur Ă©choppe, tristes, mĂ©contents, considĂ©rĂ©s comme des  Ă©lĂšves ayant mĂ©ritĂ© le bonnet d’ñne de ceux qui n‘ont pas l’ñme pour comprendre son ƒuvre et Sa Vision.

Pour la premiĂšre fois, le petit royaume fut secouĂ© par des frondes, rien ni fit, le roi continua. Les malheureux sujets riverains de la future Oeuvre durent vivre pendant des mois, dans le vacarme, les chaussĂ©es dĂ©foncĂ©es, pleurer la disparition des arbres, fleurs et oiseaux. Tambours battant, il fut dĂ©cidĂ© que l’Oeuvre devait ĂȘtre achevĂ©e lorsque l’astre solaire arriverait Ă  son firmament annuel. Les braves travailleurs durent travailler du lever au coucher du soleil et vers la fin n’eurent mĂȘme plus droit au repos dominical. Enfin le grand jour arriva, et l’on dĂ©pensa encore beaucoup d’argent pour cĂ©lĂ©brer la Vision. Certes l’aura de cette fĂȘte ne passa pas les frontiĂšres du royaume. On camoufla les imperfections, on dissimula grossiĂšrement les erreurs.

Mais la vraie malĂ©diction allait rĂ©ellement commencer et la stupeur et le dĂ©sespoir frappĂšrent les pauvres sujets riverains. Eh oui, sans doute encore un tour de MalĂ©fice, le roi avait menti, royalement menti, et Ă  la place du potager (non royal, le roi est bon il est « partagĂ© ») et d’une aire verdoyante, calme et fleurie, ils dĂ©couvrirent devant leurs fenĂȘtres du minĂ©ral, des sols artificiels et des structures en bois qui devinrent le jour la proie des enfants brailleurs et la nuit des noctambules indĂ©licats.

En cet an lĂ , l’étĂ© et l’automne furent chauds et secs et les pauvres gens durent vivre les fenĂȘtres closes. Ils protestĂšrent encore et encore et rien n’y fit, d’ailleurs le roi s’acharna sur ces sots, en envoyant sa brigade de mercenaires pour les verbaliser sur le moindre tentative d’arrĂȘt de leur carrosse sur les chaussĂ©es Ă©troites, et en dĂ©cidant de fermer rĂ©guliĂšrement les accĂšs Ă  tous carrosses Ă  ce quartier de rĂ©calcitrants.

.......

VoilĂ , ce conte n’est pas terminĂ©, Ă  vous Montrougiens d’en Ă©crire la fin, en vous rappelant toutefois que les contes, en gĂ©nĂ©ral finissent bien, que les mĂ©chants sont punis et que les gentils sortent triomphants.

Ces braves sujets, devront-ils se mettre Ă  la recherche du joueur de flĂ»te de Hamelin ou d’une bonne fĂ©e qui pourrait les dĂ©livrer du mauvais sort ?

A vous de voir, Ă  vos plumes et parchemins.

Louis Cornet.


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